Mais ou sont les abeilles l’hiver ?

 Il est très peu probable que vous croisiez une abeille en plein froideur hivernale. Comme la plupart des insectes, les abeilles sont très sensibles aux variations de température. Et l’Hiver ne proposant pas une grande variété de plantes à butiner, peu de pollen ou de nectar à butiner lorsque la bise fut venue.

 

Les abeilles domestiques

 

Moins peuplée, débarrassée des mâles (faux-bourdons) devenus inutiles, la ruche vit au ralenti dès que le froid arrive.

 

La reine a pris soin de donner naissance à des abeilles d’hiver plus grasses dont le métabolisme moins sollicité leur permet de vivre beaucoup plus longtemps (150 à 200 jours) que celles d’Été (45 à 60 jours). Ces ouvrières qui ne sortiront pratiquement pas doivent garantir une température correcte à l’intérieur de la ruche. Pour cela, elles se serrent les unes contre les autres en grappe et battent des ailes, se relayant lentement de l’extérieur vers l’intérieur de cette grappe pour maintenir la température.

 

Hygiénistes, ces avettes ne se soulagent pas dans la ruche pour y éviter le développement de maladies. Aux premiers jours tièdes, la première sortie sera un vol de propreté pour évacuer le bol fécal.

 

Il va de soi que les trop grandes variations de températures dans un sens ou dans l’autre perturbent le métabolisme de la ruche.

Cette communauté qui va donc passer l’hiver se doit de produire le reste de l’année des réserves suffisantes pour nourrir la reine et les ouvrières.

Domestiquées, opportunément chouchoutées par l’apiculteur depuis des millénaires, ces productrices uniques de miel, de gelée royale permettent à celui ci d’extraire sa part pour notre plus grand plaisir.

Les abeilles sauvages ou solitaires

 

Mais ces abeilles domestiques qui se sont représentées que par une dizaine de variétés pures ou croisées en France, ne constituent pourtant qu’une part infime dans la grande famille des abeilles dont on dénombre environ 1000 espèces en France.

 

A la grande différence que toutes les autres,dites sauvages ou solitaires, ne vivent pas en société organisée, ne vont pas devoir passer l’hiver à l’état adulte et donc n’ont pas l’impérieux souci de produire du miel.

 

Souvent méconnues, elles sortent à diverses époques de la belle saison (Mars à Octobre), selon l’espèce, les éco-systèmes en place (floraison, région, température...) et jouent un rôle primordial pour la biodiversité et la pollinisation.

Bien que souvent regroupées dans les mêmes zones de nidification, elles sont pourtant bien indépendantes les unes des autres.

 

Ici pas de reine, avec une durée de vie entre 2 et 10 semaines (beaucoup plus courte pour les mâles), ces abeilles, une fois fécondées, n’ont finalement qu’une phase volante plus ou moins longue pour assurer, avant de mourir, leur descendance en pondant leurs larves dans une loge spécifique à l’espèce.

  

Certaines d’entre elles sont souvent associées à une plante particulière soit comme nourriture ou comme matériau nécessaire à l’édification du nid, ce qui participe bien évidemment aux interactions dans les écosystémes.

 

Ce n’est donc plus l’abeille adulte qui traverse la période froide, mais bel et bien sa larve, nourrie d’une boulette de nectar et de pollen soigneusement déposée près d’elle qui va se transformer au fil des mois d’hiver pour émerger à sa saison d’élection enfin adulte, prête à renouveler le cycle de la vie.

 

Les nids des abeilles solitaires

 

70% des abeilles solitaires sont terricoles, construisant leurs nids dans la terre (pelouses, berges, buttes ou talus) et une fois encore, on réalise l’importance de la qualité d’un sol notamment sans épandage de produits chimiques (ex: désherbant).

 

Les autres 30% font leurs nids hors-sol et cherchent dans leur environnement naturel:

•les tunnels d’autres insectes,

•le bois mort (Abeilles xylicoles)

•les tiges de bois creux (Abeilles caulicoles) comme les ombellifères,les roseaux •les fissures des rochers

•les tiges à moelle (Abeilles rubicoles) comme le framboisier, le sureau, ou le rosier •Les coquilles d’escargots plus rarement (Abeilles hélicophiles)

Un jardin trop aseptisé, trop «propre», offrant peu de diversité végétale réduira donc les opportunités de nidification et les variétés d’abeilles.

A défaut d’avoir un environnement favorable certaines viendront pondre dans des trous de fenêtres, des serrures, le bois de chauffage sans être certaines que les humains tolèrent bien cette cohabitation

 

C’est pour quelques unes de ces abeilles solitaires ou sauvages que certains jardiniers installent un hôtel ou un nichoir avec des loges spécifiques. Une manière de favoriser et de protéger des pontes pendant l’hiver et d’avoir un site privilégié d’observation.

 

Du grand xylocope noir bleuté à la petite osmie rousse, de la jolie collète du lierre à l’imposante résinière géante, elles sont donc multiples, inoffensives et c’est une réelle satisfaction de pouvoir les observer au fil des mois aux cotés des généreuses abeilles domestiques sorties de leur ruche et constater ainsi la belle biodiversité qui règne dans son jardin.

 

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